La hausse des taux d’intérêt pèse-t-elle sur la valorisation des cabinets comptables ? 

La hausse des taux d’intérêt augmente le prix de revient des acquisitions, ce qui conduit à un ralentissement des opérations d’abord, à la baisse des valorisations ensuite. Les cessions de cabinets d’expertise comptable sont-elles impactées par ces conséquences économiques classiques ?

Les taux d’intérêt restent au sommet

Les années du crédit facile sont terminées. Depuis 2022, les taux directeurs de la FED sont passés de 0 à plus de 5%. Et la BCE d’un taux directeur négatif à un taux de 4%, en moins de 18 mois. La hausse du prix de l’argent qui a suivi le redémarrage de l’inflation a renchéri le coût de la dette, et donc celui des acquisitions pour les acheteurs qui ont recours aux banques.

Les financements sont aussi moins abondants, notamment du côté des fonds de capital-investissement (- 51 % d’opérations en valeur). A la base de leur incertitude : les entreprises pourront-elles répercuter l’inflation de leurs coûts de revient sur leur prix de vente ?

Conséquence : le financement des acquisitions se fait plus coûteux. Ainsi, « le taux des prêts LBO est passé de 3-5 % il y a deux ans, à 9-10 % aujourd’hui », constatait Cyrille Perard, associé chez Perella Weinberg Partners[1]. Pour les financements professionnels plus classiques, la moyenne se situe aujourd’hui entre 4,5% et 5 %.

Cette évolution des taux d’intérêt n’est évidemment pas neutre. Emprunter 500.000 € à 1% ou à 5 % sur 7 ans multiplie par 5 le coût du crédit (93.624 € vs. 17.912 €)… soit 1.000 € de plus chaque mois à débourser pendant 7 ans.

Les Fusaq sont globalement en recul

Le volume des fusions-acquisitions est actuellement au plus bas :

  • Dans le monde, les fusions-acquisitions ont chuté de 44% (en valeur) en un an, après avoir reculé de 37% les douze mois précédents[2] ;
  • En Europe, la chute a été encore plus brutale : – 60% sur un an, accentuée par la crise énergétique et l’invasion de l’Ukraine. Le volume total des fusions-acquisitions y a retrouvé son niveau de… 1998 ;
  • La France, où le montant des opérations avait déjà été divisé par deux l’année précédente, n’a pas fait exception (- 43 %).

Pour l’instant, assurent les spécialistes, les valorisations des grandes entreprises ne baissent pas vraiment… ce qui contribue à un blocage du marché. « Il est difficile de trouver un accord entre les vendeurs et les acquéreurs, constate un banquier d’affaires. Les entreprises sont difficiles à vendre. Les acquéreurs potentiels attendent que les prix baissent[3]. »

Ces chiffres, ces flux financiers, reflètent d’abord le recul des grandes transactions. Mais quid des plus petites entreprises ?

Les PME plus optimistes

La situation pourrait être sensiblement différente du côté des PME. Sur les 668 dirigeants de PME-ETI sondés au printemps 2022 par Bpi France, presque un sur deux (47 %) envisageait de vendre son entreprise dans les cinq années qui viennent, au prix du marché. Et côté acheteurs, ils étaient plus de sept répondants sur dix (72 %) à déclarer vouloir faire de la croissance externe au même horizon, dont 30 % de manière certaine.

Manifestement, les petites et moyennes entreprises continuent à considérer la croissance externe comme indispensable à leur expansion. Hausse des taux et incertitudes n’entravent pas leur détermination.

Les cabinets d’expertise-comptable sont presque tous des TPE ou des PME. Comment intègrent-ils la hausse des taux d’intérêt dans leur stratégie acheteur (croissance externe) ou vendeur (recherche de rapprochement) ?

Le cas particulier des cabinets comptables

Le domaine de la transmission des cabinets d’expertise comptable ne bénéficie pas de baromètre qui donnerait une vue complète de sa conjoncture. Mais un intermédiaire spécialisé de l’envergure de Viou & Gouron dispose d’une vision claire, et à jour, des conditions dans lesquelles se déroulent aujourd’hui les cessions et les acquisitions.

Pour Laurent Charrier, son Directeur Général, la situation est jusqu’à présent restée stable : « nous ne constatons pas moins de transactions, et les valorisations moyennes des cabinets comptables n’ont pas changé. La hausse des taux n’a pas remis en cause les stratégies de croissance externe des acquéreurs qui nous confient un mandat acheteur ».

En sera-t-il de même demain ? « Le coût de l’emprunt ne constitue qu’un élément parmi beaucoup d’autres dans la décision de l’acquéreur. Plus personne ne veut faire de la croissance pour simplement gonfler son chiffre. Il faut commencer par répondre aux clients ! Or les cabinets comptables manquent de bras. Ils cherchent avant tout aujourd’hui à conforter leur capacité de production, et à compléter leurs équipes de collaborateurs disposant de compétences nouvelles comme le conseil en gestion, le conseil patrimonial, le juridique, etc. Le tout dans un contexte d’accélération technologique difficile à maîtriser, et avec la facture électronique en ligne de mire ».

Ce qui change dans la transmission d’un cabinet d’expertise-comptable

Face aux incertitudes, et avec un coût du crédit qui recule d’autant leur pay-back, les exigences des acheteurs sont en hausse. Longtemps, il fallait de la patience à un cabinet acheteur pour trouver l’opportunité qu’il voulait. On devait l’attendre plusieurs années, et sauter sur l’occasion ! Aujourd’hui on va plutôt parler de prudence, et d’exigence. « Si le cabinet racheté revient plus cher du fait des taux d’intérêt, il faut qu’il soit presque parfait ! » Par conséquent, on ne constate pratiquement plus de surenchères. Et les cabinets en difficulté devront souvent réviser leurs exigences à la baisse.

« Les acheteurs sont avant tout attentifs aux fondamentaux : la rentabilité, le positionnement, la situation géographique, l’équipe, l’organisation, la vision, l’anticipation (notamment technologique). Pour le reste, ils s’adaptent à la situation du marché financier. Un expert-comptable me l’a récemment raconté : il s’était endetté à près de 17% au début des années 80 pour sa première opération de croissance externe ! Cela ne l’a pas empêché de continuer son développement et de réaliser d’autres acquisitions par la suite ».

La hausse des taux d’intérêt ne concourt pas directement à une baisse de la valorisation des cabinets d’expertise-comptable, mais elle la contraint dans les normes du marché. Elle ne modifie pas non plus, à date, la trajectoire de concentration de la profession comptable. Mais elle accentue l’exigence des acheteurs, face à des vendeurs qui se font plus nombreux.

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